Le lynx du Canada (Lynx canadensis) est un félin majestueux endémique d'Amérique du Nord. Bien qu'il ne soit pas répertorié comme « en danger » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), sa situation actuelle inquiète les experts.
Une étude récente a montré que ce félin n'occupe que 20 % de son habitat potentiel. Pourquoi cet isolement dans un écosystème avec tant de possibilités ? Nous vous dirons alors.
Un félidé majestueux
En premier lieu, il nous paraît pertinent de décrire l'animal qui fait l'objet de cette étude. Le lynx du Canada est un félin de taille moyenne, habitant de la taïga -biome de la forêt boréale- et prédateur de petits vertébrés qui survivent dans les environnements enneigés. Certaines de ses caractéristiques sont les suivantes :
- C'est un félin de taille moyenne, avec une fourrure lisse, dense et grisâtre. Il a des oreilles triangulaires avec des franges terminales noires très frappantes.
- Il mesure environ 100 centimètres de la tête aux pieds et pèse en moyenne environ 10 kilogrammes. Bien sûr, nous n'avons pas affaire à un animal exagéré.
- Il a des griffes acérées rétractables, dont il sert à chasser ses proies dans les milieux enneigés.
Il convient de noter que nous avons affaire à un mammifère qui a subi des pressions de la sélection naturelle pour acquérir des caractéristiques qui favorisent sa survie dans des environnements enneigés.
Son pelage dense l'isole des basses températures, tandis que sa petite taille lui permet de survivre sur de petites proies. Enfin, ses puissantes griffes et ses larges pattes supportent parfaitement son poids, l'empêchant de s'enfoncer sous la surface enneigée.
Ce félin est le parfait exemple des mécanismes d'adaptation nécessaires pour survivre dans un environnement hostile.

Le lynx du Canada et sa réduction de l'habitat
Un article scientifique résumé dans une publication du magazine National Geographic en avril 2022-2023 rapportait une mauvaise nouvelle : le lynx canadien n'occupe que 20 % de son habitat potentiel dans l'État de Washington (États Unis).
Dans l'étude susmentionnée, plus de 7000 kilomètres carrés ont été couverts et la présence ou l'absence du lynx a été enregistrée à l'aide de caméras de piégeage photographique. Malheureusement, cette activité féline n'a été observée que dans 29 des 175 zones surveillées.
En premier lieu et pour comprendre ces données, il est nécessaire de définir qu'un habitat potentiel est ce territoire qui, selon ses caractéristiques écologiques, il peut être considéré comme un foyer possible d'une certaine espèce.
Les animaux cherchent à étendre leurs zones d'alimentation, car cela implique plus de ressources, ce qui se traduit par plus de progéniture et une expansion de l'espèce. Si une population n'utilise pas un espace disponible, quelque chose ne va pas.
Le cas du lynx
En effet, le fait que le lynx du Canada n'utilise pas 80 % de l'habitat disponible indique qu'il se passe quelque chose, soit avec l'espèce elle-même, soit avec l'environnement qu'il n'occupe pas.
L'étude à laquelle nous avons fait référence précédemment place un coupable clair dans cette situation : le changement climatique. Selon ces experts, les lynx sont de bonnes sentinelles pour enregistrer les variations environnementales, car ils sont hautement spécialisés dans la survie dans des environnements froids et enneigés.
Pour cette raison, les incendies de forêt, l'augmentation des températures et une réduction générale de la couverture neigeuse ont considérablement restreint la zone de survie de ces populations de lynx.
De plus, à mesure que le temps s'adoucit dans ces zones enneigées, d'autres espèces de félins comme le lynx roux ou le puma pourraient apparaître, qui rivaliserait pour les ressources et la nourriture avec ce lynx majestueux.
Cela ne veut pas dire que des animaux comme le chat sauvage sont mauvais par eux-mêmes, mais que leur expansion sur un territoire qui ne leur correspond pas peut être très négative pour les espèces endémiques de cette zone.

Une espèce proche de la menace
Encore une fois, il est essentiel de noter que le lynx du Canada n'est pas encore menacé. Cela ne veut pas dire que les autorités des États où vit le félin doivent se relâcher : les données obtenues sont préoccupantes et l'action est indispensable.
Pour cette raison, il est nécessaire de continuer à surveiller les populations de cette espèce et de commencer à concevoir des plans de reproduction en captivité et d'éventuelles réintroductions futures dans la nature. Nous ne pouvons pas risquer de perdre plus d'espèces.