Des températures ambiantes élevées ainsi qu'une humidité élevée ont un effet très marqué sur les animaux. Les oiseaux, peut-être plus sensibles que d'autres espèces aux changements de température, subissent ce qu'on appelle un stress thermique dans ces situations.
Il semble raisonnable qu'à des températures ambiantes supérieures à 33°C, les animaux ne soient pas à l'aise. Pourtant, il ne faut pas sous-estimer l'effet des températures qui semblent plus modérées, du moins d'un point de vue humain.
La chaleur et l'humidité, pour un animal en phase de production - une femelle en ponte - vont entraîner un certain niveau de stress. Cela affecte directement leur bien-être et leur espérance de vie.
Thermorégulation chez les oiseaux
L'excès de chaleur corporelle chez les animaux est éliminé par quatre mécanismes différents :
- Convection: l'échange de température avec l'air ambiant qui se produit jusqu'à ce que les deux températures soient équilibrées - le corps et l'environnement. Les oiseaux augmentent la surface exposée à l'air en déployant leurs ailes et peuvent même créer un effet d'air froid autour d'eux en les battant.
- Évaporation: perte de chaleur par évaporation de l'eau de la bouche et du système respiratoire. Ceci est accompli par une respiration rapide, superficielle et la bouche ouverte - ce que chez un chien nous appellerions haleter.
- Radiation: transfert de chaleur par l'air vers un objet distant à l'aide d'ondes électromagnétiques. Le sol autour d'un animal, même s'il n'est pas en contact direct avec lui, est chauffé par rayonnement.
- Conduite: perte de chaleur corporelle par des objets plus froids en contact direct avec les oiseaux. Les oiseaux auront tendance à rechercher des zones où le sol est plus frais et s'appuieront contre les murs, par exemple.
En plus de tous ceux mentionnés, il existe un dernier mécanisme clé, seulement cette fois il ne s'agit pas d'éliminer la chaleur, mais de ne pas la produire. Pour diminuer la production de chaleur corporelle, les oiseaux réduiront leur activité et diminueront leur consommation de nourriture. D'une manière ou d'une autre, ils entreront dans la torpeur.
Pouvez-vous imaginer les conséquences que cela peut avoir pour une femelle qui pond ses œufs ? Et qu'en est-il d'une mère chargée de nourrir ses poussins ?

Effets du stress thermique sur les oiseaux
Les effets du stress thermique sur les oiseaux sont nombreux et variés, mais certains des plus fréquents sont les suivants :
- Retard de croissance
- Mortalité plus élevée.
- Cannibalisme.
- Aggravation de l'immunité
- Infertilité
Quelles conséquences cela a-t-il sur leur saison de reproduction ?
Les femelles souffrant de stress thermique pondent souvent des œufs avec des coquilles plus minces et plus faibles. Cela s'explique par le fait que l'halètement ou l'hyperventilation altère l'équilibre acido-basique du sang, ce qui a un effet direct sur les minéraux et électrolytes présents dans celui-ci, qui vont ensuite à l'œuf.
Lorsque les oiseaux augmentent leur fréquence respiratoire pour éliminer la chaleur corporelle, il y a une perte excessive de dioxyde de carbone. La diminution de ce gaz dans le sang fait monter son pH, c'est-à-dire qu'il devient plus alcalin.
C'est ce qu'on appelle l'alcalose respiratoire. L'augmentation du pH réduit l'activité de certaines enzymes qui abaissent les concentrations de calcium et de carbonate, constituants directs des peelings.
Comment aider à prévenir et traiter le stress thermique chez les oiseaux domestiques ?
La clé pour minimiser ses effets est d'anticiper les vagues de chaleur grâce à des mesures de nutrition et de gestion appropriées. Voici quelques mesures pour éviter ce stress.
Conseils de manipulation
En premier lieu, il est recommandé d'avoir un bon système de ventilation dans la pièce où les oiseaux sont gardés. Cela n'a pas besoin d'être artificiel, il suffit parfois d'avoir une fenêtre ouverte pour rafraîchir l'environnement.
Bien sûr, dans le cas d'un élevage avec volailles, il faudra être beaucoup plus minutieux avec la ventilation par temps chaud. Après tout, leurs besoins sont plus grands que ceux d'un oiseau domestique.
En second lieu, il est préférable de ne pas déranger les oiseaux pendant les heures les plus chaudes. Toute manipulation supplémentaire -comme l'administration d'un médicament- sera mieux effectuée lorsque l'environnement est plus chaud, car la chose normale est que la manipulation de l'animal augmente son stress et, par conséquent, sa température.
Conseils sur l'alimentation
Il est important de surveiller la prise alimentaire des oiseaux pendant la saison chaude. En effet, il peut être intéressant de restructurer l'alimentation en ajoutant des nutriments essentiels tels que des acides aminés, du calcium, du sodium ou du phosphore - surtout si les oiseaux sont en période de reproduction.
Le plus utile est de formuler une ration riche en nutriments hautement digestibles, mais sans tomber dans les excès. Si la digestion est compliquée, elle augmentera le métabolisme et, par conséquent, la température corporelle.
Il est même recommandé ne pas nourrir les oiseaux pendant les périodes les plus chaudes de la journée. Il vaudra mieux laisser la tétée tôt le matin ou l'après-midi, lorsque la chaleur s'apaisera.
Et la boisson ? A-t-il une influence sur la gestion du stress thermique ?
Il faudra assurer à l'animal un approvisionnement en eau fraîche et propre suffisant. Si nécessaire, le contenu de l'abreuvoir peut être changé plusieurs fois par jour, pour garder l'eau fraîche.

La chaleur ambiante, en plus, comme c'est le cas pour toute autre espèce, augmente la soif. On peut donc s'attendre à ce que la demande en eau soit plus élevée. Puisque la soif augmentera, les excréments augmenteront aussi.
Par conséquent, il est recommandé d'appliquer des suppléments de vitamines et d'électrolytes dans l'eau des oiseaux. Cela remplacera la perte de sodium, de chlorure, de potassium et de bicarbonate dans l'urine. Garder un oiseau en bonne santé et hydraté est essentiel pour qu'il ne subisse pas les effets du stress thermique pendant les périodes les plus chaudes.